Coalition canadienne pour réformer la criminalisation du VIH
Coalition canadienne pour réformer la criminalisation du VIH (CCRCV)
Canadian Coalition to Reform HIV Criminalization (CCRHC)

Témoignages

Nous sommes désolés, mais la vidéo n’est disponible qu’en anglais pour le moment. Des sous-titres français y seront ajoutés ultérieurement.

Les histoires présentées dans cette expérience sonore sont réelles; elles ont été compilées à partir d’entrevues réalisées par Alexander McClelland dans le cadre de sa recherche doctorale à l’Université Concordia. Afin de protéger la confidentialité des participants, les récits sont composites et les noms utilisés sont des pseudonymes; toutefois, nous avons tenté de respecter l’essence des expériences individuelles dans la mesure du possible.

Vous trouverez plus d’information sur chaque individu dans l’expérience sonore correspondante, ci-dessous.

Michael

Michael est un homme noir hétérosexuel. Il est dans la mi-vingtaine et a un enfant. Michael a une charge virale indétectable; son médecin l’a informé que son risque de transmettre l’infection à une partenaire est effectivement nul. Son ex-copine a porté plainte à la police après leur rupture, alléguant qu’il ne lui avait pas divulgué son statut VIH; il maintient avoir divulgué son statut et avoir utilisé le condom.

En attendant son procès, on lui a refusé la mise en liberté sous caution; il a passé deux ans et demi en détention provisoire, combinant assignation à résidence et prison. Pendant son incarcération, il s’est vu privé plus d’une semaine de son médicament antirétroviral prescrit.

Les accusations contre Michael ont finalement été abandonnées, car les procureurs de la Couronne n’avaient pas suffisamment de preuves d’acte répréhensible pour aller de l’avant.

Rachel

Rachel est une femme dans le début de la trentaine; sa charge virale est indétectable. Elle a trois enfants et est la principale dispensatrice de soins pour l’un d’eux. Elle a été dans une relation violente où son conjoint la forçait à pratiquer le travail du sexe. Elle n’a transmis le VIH à aucun partenaire.

Lors d’une opération d’infiltration, les autorités policières ont tenté de la forcer à admettre qu’elle accepterait d’avoir des relations sexuelles non protégées en échange d’argent et qu’elle ne divulguerait pas son statut. Même si elle était en possession de condoms, ceux-ci ont été utilisés pour démontrer qu’elle était travailleuse du sexe. Ils n’ont pas été considérés comme preuve démontrant qu’elle se protégeait ainsi que ses partenaires.

Après s’être vue conseiller de plaider coupable, Rachel a purgé une peine de deux ans et demi; on lui a refusé pendant trois semaines ses médicaments antirétroviraux prescrits. Elle n’est plus en prison, mais est inscrite à vie comme délinquante sexuelle.

Lenore

Lenore est une femme autochtone ayant vécu de la violence sexuelle. Elle a contracté le VIH lorsqu’elle a été violée par un ancien partenaire sexuel. Lenore a une charge virale indétectable.

Alors qu’elle était en état d’ébriété, elle a eu des relations sexuelles avec un homme et a été incapable de lui divulguer son statut. Un condom n’a pas été utilisé, mais elle savait que sa charge virale était indétectable et que son risque de transmission était effectivement nul. Elle n’a pas transmis le VIH à son partenaire.

Lenore a été la cible d’abus raciaux de la part de policiers lors de son arrestation, de même que d’atteintes à sa vie privée – y compris la fuite de sa photo de finissante du secondaire, qui a été largement diffusée dans les médias. Lenore a été condamnée à une peine d’emprisonnement de deux ans et demi pour agression sexuelle grave; elle est inscrite à vie comme délinquante sexuelle.

Laurence

Laurence est un homme gai dans la fin de la quarantaine. Il a lutté plusieurs années avec des problèmes de santé mentale et de toxicomanie; ceci inclut des difficultés à divulguer son statut VIH, pour lesquelles il a reçu du counselling.

Alors qu’il traversait une période particulièrement difficile de dépression, de consommation de drogues et de jeu, Laurence n’a pas divulgué son statut VIH à son partenaire. Selon les allégations, il aurait transmis le VIH à son partenaire, mais aucune preuve scientifique n’a été présentée lors du procès. Malgré ses besoins de soutien en santé mentale, Laurence a été incarcéré après son verdict de culpabilité; il a subi des abus réguliers en prison après que des agents aient dévoilé la teneur de ses accusations à d’autres détenus. Il a également été placé en isolement cellulaire pendant une longue période.

Maintenant sorti de prison, Laurence est incapable de trouver un emploi dans le même domaine qu’auparavant à cause des exigences de vérification des antécédents. Il est inscrit à vie comme délinquant sexuel.

Passez à l’action

Ces quatre histoires parmi tant d’autres illustrent l’ampleur du travail qui reste à faire pour mettre fin à la surcriminalisation du VIH au Canada. Vous pouvez vous faire entendre dès aujourd’hui, en demandant à la ministre fédérale de la Justice ainsi qu’aux procureurs généraux des provinces et territoires de suivre les recommandations contenues dans la Déclaration de consensus communautaire.

Pour plus d’information sur le projet de recherche d’où ces histoires sont issues, veuillez visiter crimproject.ca.